Partie XIII — Posture finale

Ouverture

Les douze parties précédentes ont déployé l’appareil formel de la théorie, depuis le contexte comme horizon constitutif jusqu’aux régularités globales qui articulent l’ensemble. Cette progression linéaire trouve dans la présente partie sa conclusion philosophique : la posture finale articule les acquis formels avec les décisions méthodologiques de l’avant-propos, et elle pose explicitement ce que la théorie aura tenté.

Une posture finale n’est pas une simple récapitulation. Elle est l’articulation des acquis avec leur portée philosophique, l’explicitation des décisions méthodologiques qui ont guidé le déploiement formel, la reconnaissance des limites assumées et des ouvertures laissées libres. Elle prend acte de ce qui a été posé, et elle situe la théorie dans le paysage plus large des approches théoriques qui partagent ou diffèrent de ses décisions.

Cinq éléments structurent la présente posture finale. Le premier est la récapitulation des acquis, qui rappelle les concepts principaux et les régularités globales posés dans l’ouvrage. Le deuxième est l’articulation avec l’avant-propos, qui explicite comment les décisions philosophiques initiales ont été tenues à travers le déploiement formel. Le troisième est la caractérisation de la posture méthodologique, qui pose explicitement les choix qui distinguent la théorie d’autres approches. Le quatrième est la reconnaissance des limites, qui assume les frontières de la théorie et les questions laissées ouvertes. Le cinquième est l’ouverture aux développements ultérieurs, qui pose la théorie comme contribution à un dialogue théorique plus large.

Cette structure conclusive ne reprend pas la forme quadripartite des parties précédentes (notations, énoncé condensé, énoncé détaillé, conséquences). Elle adopte une forme adaptée à la nature philosophique de la conclusion : récapitulation, articulation, caractérisation, reconnaissance, ouverture. Cette adaptation reflète la fonction propre de la posture finale, qui articule les acquis formels avec leur portée plus générale.

La présente partie pose successivement la récapitulation des acquis (Section 1), l’articulation avec l’avant-propos (Section 2), la caractérisation de la posture méthodologique (Section 3), la reconnaissance des limites (Section 4), et l’ouverture aux développements ultérieurs (Section 5). Elle conclut l’ouvrage en posant la théorie dans sa pleine articulation systématique et philosophique (Section 6).

Posture finale — récapitulation des acquis de la théorie La théorie générale du mouvement contextuel Atomes premiers 𝓝, 𝓚 — Partie II Inscription, sens ▶, Ω^s — Parties II, III Mouvement ◁ — Partie IV Champ, rupture ▲, ▽ — Parties V, VI Régime, lisibilité ℛ — Parties VIII, IX Dormance, réveil Partie X Une théorie ouverte, contextuelle, articulée — qui pose la structure avant l'objet. Posture finale — récapitulation La théorie du mouvement contextuel Atomes premiers 𝓝, 𝓚 — Partie II Inscription, sens ▶, Ω^s — Parties II, III Mouvement ◁ — Partie IV Champ, rupture ▲, ▽ — Parties V, VI Régime, lisibilité ℛ — Parties VIII, IX Dormance, réveil Partie X Une théorie ouverte, contextuelle, articulée.
Figure XIII.1 — Récapitulation finale. Les six grandes acquisitions de la théorie rayonnent autour de son cœur : les atomes premiers (𝓝, 𝓚), l'inscription et le sens (▶, Ω^s), le mouvement (◁), le champ et la rupture (▲, ▽), le régime et la lisibilité (ℛ), la dormance et le réveil. L'ensemble compose une théorie ouverte, contextuelle, articulée.

Section 1 — Récapitulation des acquis

1.1 Les concepts principaux

La théorie a posé les concepts principaux suivants, dans leur ordre de déploiement :

Le contexte (Partie I) : horizon constitutif de toute manifestation. La pertinence contextuelle articule toute entité avec son contexte d’observation.

Les notions, les contextes, les occurrences (Partie II) : atomes premiers et leur appariement. L’inscription fonde la signifiance des occurrences, et le domaine signifiant rassemble les occurrences porteuses de sens.

Le domaine effectif et l’admissibilité (Partie III) : sélection contextuelle des occurrences mobilisées dans le régime opérant.

Le mouvement (Partie IV) : relation primitive originaire dont dérivent toutes les configurations dynamiques. La chaîne génétique des structures articule mouvement, polarisation, stabilisation et structure.

La stabilité directionnelle, le champ, le centre (Partie V) : premières structures dynamiques dérivées du mouvement par cadrage. Le champ se caractérise par trois déterminations conjointes : extension, cohérence, limite.

La rupture (Partie VI) : limite effective du champ et préparation du re-cadrage. La rupture appelle l’évolution des régimes par succession.

La compréhension et la succession (Partie VII) : propriété d’exister structurellement comme centre, et dynamique de transition par traversée de la rupture.

Le régime (Partie VIII) : configuration durable de centres et de champs, caractérisée par la durabilité, la cohérence et la mobilité.

La lisibilité et la structure lisible (Partie IX) : articulation des trois conditions de sens, atteignabilité et compréhension. La structure lisible est le pilier du régime.

La dormance et le réveil (Partie X) : modes de conservation et de mobilisation des occurrences signifiantes en réserve.

1.2 Les régularités principales

La théorie a posé dix régularités locales (Rg1 à Rg10) et trois régularités globales (Rg-G1, Rg-G2, Rg-G3). Les régularités locales caractérisent le comportement par défaut des dimensions particulières de la théorie. Les régularités globales articulent ces régularités locales en une caractérisation d’ensemble.

Régularités locales : variation de pertinence (Rg1), chaîne des inclusions (Rg2), non-symétrie du mouvement (Rg3), la rupture appelle re-cadrage (Rg4), caractère contextuel de la compréhension (Rg5), caractère progressif de la succession (Rg6), stabilité par accumulation (Rg7), co-fondation mouvement-lisibilité (Rg8), caractère ouvert de la dormance (Rg9), caractère contextuel du réveil (Rg10).

Régularités globales : réversibilité de principe (Rg-G1), progressivité par défaut (Rg-G2), co-fondation des concepts fondamentaux (Rg-G3).

1.3 La stratification d’ensemble

L’ensemble des concepts et des régularités articulés en quatre niveaux : ensembles primitifs et dérivés, relations primitives et dérivées, objets construits, régularités contextuelles. Cette stratification est consultable dans la Partie XI, qui en présente l’architecture formelle complète. Le présent rappel ne reproduit pas le détail de cette stratification ; il en énonce les acquis principaux pour préparer les sections ultérieures.

La théorie est ainsi une stratification cumulative, où chaque niveau dérive des précédents par opérations explicites. Cette caractéristique reflète la posture méthodologique générale : à partir d’un minimum de primitives, la théorie engendre par dérivation la richesse des configurations qu’elle a à décrire.

Section 2 — Articulation avec l’avant-propos

2.1 Les décisions philosophiques initiales

L’avant-propos a posé plusieurs décisions philosophiques qui ont guidé le déploiement formel de la théorie. Trois décisions principales structurent l’ensemble de l’ouvrage :

Première décision : La structure précède l’objet. L’avant-propos a posé que les objets ne sont pas donnés indépendamment des relations qui les déterminent. Cette décision a guidé la formalisation de l’occurrence comme appariement ordonné notion-contexte (Partie II), de la chaîne génétique des structures dérivées du mouvement (Partie IV), de l’existence structurelle des centres comme caractérisation relationnelle (Partie V), et de la lisibilité comme conjonction des trois conditions (Partie IX).

Deuxième décision : Le contexte est constitutif. L’avant-propos a posé que la signification se déploie toujours en situation, et qu’aucun énoncé n’a de sens absolu. Cette décision a guidé la formalisation du contexte comme horizon constitutif (Partie I), de la pertinence contextuelle comme relation primitive (Partie I), de l’admissibilité comme condition contextuelle de l’opérativité (Partie III), de la variabilité contextuelle des relations primitives (Parties II à VII), et du régime énonciatif contextuel adopté par l’ouvrage tout entier.

Troisième décision : Les propriétés sont conditionnelles. L’avant-propos a posé que les propriétés habituellement considérées comme primitives (stabilité, ordre, cohérence) apparaissent comme des effets conditionnels. Cette décision a guidé la formalisation de la stabilité directionnelle comme cadrage du mouvement (Partie V), de la rupture comme limite contextuelle (Partie VI), de la compréhension comme qualification relationnelle (Partie VII), de la stabilité du régime comme équilibre dynamique (Partie VIII).

2.2 La tenue des décisions à travers le déploiement formel

Les trois décisions philosophiques ont été tenues à travers le déploiement formel de la théorie. La structure précède l’objet : aucune structure n’est posée comme primitive indépendante, toutes dérivent du mouvement par cadrages successifs. Le contexte est constitutif : toute relation primitive et toute régularité est paramétrée contextuellement, et les régimes énonciatifs varient selon les contextes considérés. Les propriétés sont conditionnelles : la stabilité, la lisibilité, la cohérence sont des qualifications relationnelles dérivées, susceptibles de variation selon les régimes.

Cette tenue des décisions à travers le déploiement formel est ce qui assure la cohérence de l’ouvrage. Les décisions de l’avant-propos auraient pu rester des intentions méthodologiques sans formalisation correspondante ; elles ont au contraire guidé chaque définition, chaque relation, chaque régularité. Cette cohérence entre intention philosophique et déploiement formel est elle-même une caractéristique de la théorie, qui articule la posture méthodologique avec la rigueur formelle.

2.3 Les régularités globales comme articulation

Les trois régularités globales posées dans la Partie XII articulent explicitement les décisions philosophiques avec le déploiement formel.

La régularité de réversibilité (Rg-G1) articule la deuxième décision (le contexte est constitutif) avec sa conséquence dynamique : aucune sortie d’un domaine n’est définitive, parce que le contexte évolue et peut rendre à nouveau pertinentes des occurrences précédemment exclues. La réversibilité tient à la mobilité contextuelle, et elle est posée comme caractéristique générale de la théorie.

La régularité de progressivité (Rg-G2) articule la troisième décision (les propriétés sont conditionnelles) avec sa conséquence dynamique : les transformations sont typiquement progressives, parce que les propriétés se construisent et se défont par accumulation de petites variations plutôt que par bascules instantanées. La progressivité tient au caractère conditionnel des propriétés, et elle est posée comme dynamique typique des régimes opérants.

La régularité de co-fondation (Rg-G3) articule la première décision (la structure précède l’objet) avec sa conséquence méthodologique : les concepts fondamentaux se co-fondent plutôt que de se déduire hiérarchiquement, parce qu’aucun objet n’est premier absolument. La co-fondation tient à la primauté de la relation sur l’objet, et elle est posée comme posture méthodologique générale.

Cette articulation entre décisions philosophiques et régularités globales est ce qui donne à la théorie sa cohérence d’ensemble. Les décisions ne sont pas des préliminaires isolés ; elles sont les fondements méthodologiques qui structurent l’ensemble du déploiement, et leur articulation avec les régularités globales rend cette structure explicite.

Section 3 — La posture méthodologique

3.1 Les choix qui distinguent la théorie

La théorie est caractérisée par un ensemble de choix méthodologiques qui la distinguent d’autres approches théoriques. Cinq choix principaux structurent sa posture :

Premier choix : La parcimonie des primitives. La théorie pose un minimum de primitives (deux ensembles atomiques, quatre relations primitives) et dérive l’ensemble de son appareil formel par opérations explicites. Cette parcimonie distingue la théorie des approches qui multiplieraient les primitives initiales, et elle reflète la posture méthodologique générale : à partir du minimum nécessaire, engendrer la richesse des configurations.

Deuxième choix : La stratification cumulative. La théorie articule ses concepts en une stratification ordonnée, où chaque niveau dérive des précédents. Cette stratification distingue la théorie des approches qui poseraient les concepts en parallèle sans articulation explicite, et elle assure la cohérence interne du déploiement.

Troisième choix : Le régime énonciatif contextuel. La théorie pose ses régularités comme tenant par défaut dans le contexte ordinaire d’usage, susceptibles de suspension dans des contextes nommés. Cette posture distingue la théorie des approches axiomatiques qui poseraient des propriétés universelles invariantes, et elle articule la souplesse contextuelle avec la rigueur formelle.

Quatrième choix : La co-fondation des concepts. La théorie articule ses concepts par leurs définitions et leurs propriétés mutuelles, plutôt que de les déduire hiérarchiquement à partir d’un fondement unique. Cette posture distingue la théorie des approches qui poseraient un concept absolument premier, et elle assure une cohérence systémique testable.

Cinquième choix : L’ouverture aux trajectoires. La théorie privilégie systématiquement l’ouverture aux trajectoires possibles, en reconnaissant la diversité des évolutions des régimes sans imposer de modèle unique. Cette posture distingue la théorie des approches qui poseraient des trajectoires obligées, et elle reflète la reconnaissance de la richesse contextuelle des régimes effectifs.

3.2 La fonction descriptive et la fonction diagnostique

La théorie articule deux fonctions principales : une fonction descriptive et une fonction diagnostique.

La fonction descriptive consiste à fournir un appareil formel pour décrire les régimes, leurs centres, leurs champs, leurs transformations. Cette fonction est mobilisée lorsque le théoricien analyse un régime concret : il identifie les centres, caractérise les champs, repère les ruptures, suit les successions, observe les dormances et les réveils. La théorie fournit le vocabulaire et la stratification nécessaires à cette analyse.

La fonction diagnostique consiste à fournir des outils pour évaluer l’état d’un régime : sa lisibilité, sa stabilité, sa vitalité, sa capacité à intégrer ses ruptures et à mobiliser son réservoir signifiant. Cette fonction est mobilisée lorsque le théoricien évalue un régime : il distingue les structures pleinement lisibles des configurations partiellement lisibles, il observe la cadence des successions, il évalue la capacité de réveil. La théorie fournit la gradation diagnostique de la lisibilité (Partie IX) et les régularités qui guident l’évaluation.

L’articulation des deux fonctions est constitutive de la portée de la théorie. La description sans diagnostic resterait analyse pure ; le diagnostic sans description manquerait de fondement. Ensemble, les deux fonctions font de la théorie un outil articulé, qui décrit ce qui est et qui évalue dans quelle mesure ce qui est satisfait les conditions de la lisibilité.

3.3 La portée pratique de la théorie

Les choix méthodologiques et les fonctions articulées rendent la théorie applicable à des régimes concrets dans plusieurs domaines. Les exemples multidomaines déployés tout au long de l’ouvrage illustrent cette applicabilité : mathématiques, physique, organisations complexes, systèmes d’information.

L’application à un domaine particulier requiert l’identification des notions, des contextes, et des relations qui caractérisent le régime considéré. Une fois cette identification établie, la stratification théorique fournit les outils d’analyse : centres et champs pour les structures locales, régime pour la configuration globale, dormances et réveils pour les ressources en réserve, lisibilité pour le diagnostic.

La portée pratique de la théorie tient à cette applicabilité. La théorie ne se limite pas à un cadre abstrait : elle est conçue pour être mobilisée dans l’analyse de régimes effectifs. Cette portée pratique est ce qui distingue la théorie d’approches purement spéculatives, et elle articule la rigueur formelle avec l’opérativité analytique.

Section 4 — Reconnaissance des limites

4.1 Les frontières assumées

La théorie assume plusieurs frontières, qui marquent les limites de sa portée et de ses prétentions.

Première frontière : La théorie ne prétend pas à une universalité absolue. La théorie tient dans le contexte ordinaire d’usage, et ses régularités peuvent être suspendues dans des contextes particuliers. Cette caractéristique reflète sa posture méthodologique : la théorie offre un cadre normatif souple, sans prétendre à des lois universelles invariantes. D’autres approches peuvent traiter de phénomènes que la présente théorie ne couvre pas, ou les traiter selon d’autres régularités.

Deuxième frontière : La théorie ne propose pas de méthode unique de quantification. La théorie pose des relations qualitatives (inscription, mouvement, stabilité, rupture, etc.) sans imposer de méthode de quantification. Les analyses concrètes peuvent introduire des quantifications selon le domaine considéré (mesures statistiques, indicateurs de performance, métriques techniques), mais ces quantifications restent à élaborer selon les besoins spécifiques des régimes étudiés.

Troisième frontière : La théorie ne couvre pas l’ensemble des phénomènes contextuels. La théorie se concentre sur le mouvement des structures dans leur contexte, et elle laisse d’autres phénomènes contextuels à d’autres approches : phénomènes de signification linguistique fine, phénomènes d’interaction interpersonnelle, phénomènes de causalité physique au-delà du mouvement structurant. Ces phénomènes peuvent être abordés par d’autres théories, et la présente théorie articule sans monopoliser le champ.

4.2 Les questions laissées ouvertes

Plusieurs questions sont laissées ouvertes par le présent ouvrage et invitent à des développements ultérieurs.

Première question : La quantification des régularités. Les régularités sont posées qualitativement, sans mesure de leur force ou de leur fréquence dans des régimes effectifs. Une théorie quantitative des régularités pourrait articuler les régularités qualitatives avec des mesures statistiques de leur effectivité dans différents régimes.

Deuxième question : L’articulation des régimes multiples. La théorie analyse principalement un régime à la fois. L’articulation de plusieurs régimes simultanés (par exemple, un régime mathématique et un régime physique qui s’articulent dans une science applicable) est laissée à des développements ultérieurs.

Troisième question : La dynamique des contextes eux-mêmes. La théorie pose les contextes comme évoluant, mais elle ne formalise pas explicitement la dynamique des contextes. Une théorie de la métadynamique contextuelle pourrait articuler comment les contextes naissent, se transforment, fusionnent ou se scindent.

Quatrième question : Les régimes en effondrement. La théorie analyse les régimes opérants. Les régimes en effondrement (qui perdent leur cohérence, leur durabilité ou leur mobilité) sont mentionnés sans être formalisés en détail. Une théorie des effondrements pourrait articuler les conditions et les trajectoires de la dissolution des régimes.

Ces questions ne sont pas des défauts de l’ouvrage : elles sont des ouvertures laissées libres pour des développements ultérieurs. La théorie présente est une contribution à un dialogue théorique plus large, et elle invite à des prolongements qui s’articuleront à elle ou la dépasseront.

4.3 La posture face aux limites

La reconnaissance des limites est elle-même une caractéristique méthodologique de la théorie. La théorie ne prétend pas à une complétude qu’elle ne peut atteindre, et elle assume les frontières de sa portée. Cette posture reflète la décision méthodologique générale : la théorie tient dans son contexte d’élaboration, et elle est susceptible d’être complétée, étendue ou révisée par des développements ultérieurs.

Cette reconnaissance n’est pas une faiblesse : elle est une caractéristique de rigueur. Une théorie qui prétendrait à une complétude absolue serait dogmatique ; une théorie qui assume ses limites est ouverte et collaborative. La présente théorie privilégie la posture ouverte, en cohérence avec sa régularité globale de réversibilité (Rg-G1) et avec sa décision méthodologique générale.

Section 5 — Ouverture aux développements ultérieurs

5.1 La théorie comme contribution

La théorie présentée dans cet ouvrage est une contribution à un dialogue théorique plus large. Elle articule un appareil formel cohérent, et elle pose une posture méthodologique distinctive, sans prétendre à clore le champ des approches possibles. D’autres théories peuvent partager certaines de ses décisions et en différer sur d’autres ; certaines peuvent l’étendre, d’autres peuvent la critiquer ou la révise.

Cette caractérisation de la théorie comme contribution articule la modestie méthodologique avec l’ambition formelle. La théorie pose un appareil rigoureux, et elle assume sa singularité dans le paysage théorique. Elle invite au dialogue plutôt qu’à l’adhésion exclusive, et elle reconnaît la richesse des approches alternatives.

5.2 Les pistes de développement

Plusieurs pistes de développement sont ouvertes par la théorie.

Première piste : Applications domaines. La théorie peut être appliquée à des domaines spécifiques pour produire des analyses concrètes : analyse de théories scientifiques particulières, analyse d’organisations effectives, analyse de systèmes d’information opérants. Ces applications enrichiront la compréhension des régimes étudiés et testeront la portée de la théorie.

Deuxième piste : Extensions formelles. La théorie peut être étendue par formalisations supplémentaires : quantifications, articulations multi-régimes, dynamiques contextuelles, théorie des effondrements. Ces extensions s’articuleront à la stratification existante sans nécessairement la remplacer.

Troisième piste : Articulations interdisciplinaires. La théorie peut être articulée avec d’autres approches théoriques : théorie des systèmes, théorie de l’information, sémiotique, herméneutique, philosophie analytique du langage. Ces articulations enrichiront le dialogue interdisciplinaire et exposeront la théorie à des contextes d’évaluation diversifiés.

Quatrième piste : Critique et révision. La théorie peut être critiquée et révisée par des objections ou des contre-exemples. Les objections aux régularités, aux définitions ou aux articulations peuvent conduire à des révisions partielles ou substantielles. La théorie présente est une étape dans un développement ouvert, et elle assume cette ouverture à la révision.

5.3 L’invitation au dialogue

La théorie invite au dialogue théorique. Cette invitation s’adresse à plusieurs types d’interlocuteurs.

Aux théoriciens qui partagent ou diffèrent des décisions méthodologiques de l’ouvrage, l’invitation est à articuler leurs propres approches avec celle-ci, en explicitant les convergences et les divergences. Le dialogue théorique se nourrit de ces articulations, et il fait progresser la compréhension commune.

Aux praticiens qui analysent des régimes concrets dans leurs domaines respectifs, l’invitation est à mobiliser la théorie comme outil d’analyse, et à enrichir la théorie en retour par les observations qu’elle aura permises. La théorie n’est pas un objet purement académique : elle est conçue pour être utilisée, et son usage est ce qui révèle ses forces et ses limites.

Aux philosophes qui s’intéressent aux questions de fondement, de signification, de structure, de contexte, l’invitation est à examiner la posture méthodologique de l’ouvrage en relation avec les traditions philosophiques pertinentes. La théorie articule des décisions qui s’inscrivent dans des débats philosophiques plus larges, et leur examen critique enrichira la compréhension de ces débats.

Cette pluralité des invitations articule la théorie avec un dialogue théorique ouvert. La théorie est posée comme contribution à ce dialogue, et elle attend les apports qui la complèteront, l’étendront, ou la révise.

Section 6 — Conclusion de l’ouvrage

L’ouvrage trouve dans la présente partie sa conclusion. La théorie générale du mouvement contextuel a été déployée en treize parties, depuis le contexte comme horizon constitutif jusqu’à la posture finale qui en articule les acquis avec les décisions philosophiques de l’avant-propos.

L’ouvrage a posé une stratification ensembliste articulant six niveaux d’ensembles, depuis les atomes premiers jusqu’aux champs et aux frontières. Il a posé une stratification relationnelle articulant quatre relations primitives et trois relations dérivées, dont la conjonction permet la description des configurations dynamiques. Il a posé cinq types principaux d’objets construits, stratifiés du local au global : centres, champs, structures lisibles, régimes, occurrences dormantes. Il a posé dix régularités locales caractérisant le comportement par défaut des dimensions particulières de la théorie, et trois régularités globales articulant ces régularités locales en une caractérisation d’ensemble.

L’ouvrage a tenu, à travers ce déploiement formel, les trois décisions philosophiques de l’avant-propos. La structure précède l’objet : aucune structure n’est posée comme primitive indépendante, toutes dérivent du mouvement par cadrages successifs. Le contexte est constitutif : toute relation et toute régularité est paramétrée contextuellement, et le régime énonciatif contextuel structure l’ensemble du déploiement. Les propriétés sont conditionnelles : la stabilité, la lisibilité, la cohérence sont des qualifications relationnelles dérivées, susceptibles de variation selon les régimes.

L’ouvrage a articulé sa posture méthodologique en cinq choix principaux : parcimonie des primitives, stratification cumulative, régime énonciatif contextuel, co-fondation des concepts, ouverture aux trajectoires. Ces choix distinguent la théorie d’autres approches, et ils confèrent à l’ouvrage sa singularité dans le paysage théorique.

L’ouvrage a assumé ses limites : la théorie tient dans son contexte d’élaboration, elle ne propose pas de méthode unique de quantification, elle ne couvre pas l’ensemble des phénomènes contextuels. Cette reconnaissance des limites est elle-même une caractéristique méthodologique, qui articule la rigueur de la théorie avec sa modestie.

L’ouvrage a invité aux développements ultérieurs : applications domaines, extensions formelles, articulations interdisciplinaires, critique et révision. La théorie est posée comme contribution à un dialogue théorique plus large, et elle attend les apports qui la compléteront ou l’étendront.

La théorie de la structure lisible articule ainsi ses acquis formels avec sa posture méthodologique. Elle propose un appareil rigoureux pour l’analyse des régimes opérants dans leur dimension dynamique, et elle pose une posture d’ouverture, de progressivité et de co-fondation qui guide cette analyse. Elle est posée pour être lue, utilisée, critiquée, étendue, dans la pluralité des contextes où ses concepts pourront trouver leur pertinence.

L’ouvrage se conclut sur cette posture : la théorie est lisible parce qu’elle articule sens, atteignabilité et compréhension. Elle a son sens dans le déploiement formel des concepts qu’elle pose, son atteignabilité dans la consultation systématique de son architecture, sa compréhension dans la dynamique propre qu’elle déploie en articulant les acquis et en ouvrant aux développements. La théorie est elle-même une structure lisible dans le régime du discours théorique, et elle illustre, par sa propre forme, la posture qu’elle articule.

— Fin de la Partie XIII —

— Fin de l’ouvrage —